Communiqué concernant l’attaque dans la basilique Notre-Dame à Nice

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La Shoura est ébranlée par l’attentat abject perpétré contre la basilique Notre-Dame de Nice et condamne avec fermeté la sauvagerie de ces actes barbares visant des fidèles innocents venant prier Dieu.

Nous tenons à adresser nos plus sincères condoléances, notre compassion à l’égard des familles des victimes et nous souhaitons un prompt rétablissement pour les blessés.

En cette période de la toussaint, nous nous associons également à la douleur de toute la communauté chrétienne suite à ce terrible drame qui touche un lieu de culte et de recueillement.

En cette période de Mawlid, nous exprimons notre fraternité avec les citoyens français de confession musulmane, qui sont doublement meurtris et sidérés par ces attentats.

Notre indignation est totale pour toutes les formes de violence, de terrorisme et de rejet compromettant notre vivre ensemble.

Ensemble, unis et solidaires, nous devons faire face aux messages de haine et au risque d’amalgame pour préserver notre unité et notre fraternité dans une période trouble dominée par la peur et marquée par la méfiance de l’autre et le repli identitaire.

Première entrevue des Imams après le début de la crise sanitaire

Lors d’une soirée commune le Vendredi 9 octobre au sein des locaux d’AIC Sud à Esch-sur-Alzette, à l’invitation du Chef de Culte et en présence du président de la Shoura et de notre secrétaire général, les Imams des différentes mosquées du Grand-Duché se sont réunis physiquement au début de cette année pour débattre sur la situation actuelle et échanger ensemble sur la reprise responsable des activités cultuelles habituelles. Un programme d’évènements et de conférences sera coordonné dès que les circonstances sont plus favorables insha Allah.

En parallèle, les Imams se sont exprimés sur les projets et thématiques importants à traiter dans un future proche.

Rappel aux mesures sanitaires

La semaine dernière, 820 nouvelles infections au Covid19 étaient signalées au Luxembourg avec le 10 octobre un nombre de nouveaux cas journaliers dépassent les 200, des chiffres qui rappellent la première vague en mars/avril ayant conduit au lockdown et la fermeture des mosquées au public.

Les gestes barrières et les consignes sanitaires en place, n’ont pas seulement le but d’assurer l’ouverture de mosquées, mais surtout de protéger les personnes vulnérables et d’éviter des services de santé débordés.

D’où l’importance de faire un effort commun et solidaire pour éviter chaque propagation innécessaire du covid19.

Réduisez le contacte physique avec des personnes hors de votre ménage à un minimum, faites vos ablutions chez vous, à la maison, au travail ou ailleurs, et portez le masque dès que vous entrez dans une mosquée. Le port du masque est obligatoire au sein des mosquées, quand vous enterez et sortez, quand vous vous y déplacez, et lors de la prière si vous n’avez pas une distance minimal de 2 mètres avec les autres fidèles.

La liberté, le droit et leur limite – tribune libre par Shpëtim Doda

«Charlie Hebdo» a republié l’autre jour ses dessins satiriques du prophète Mahomet, provocant encore une fois l’intense indignation et la révolte des musulmans, et ça pas seulement parce que la représentation d’un prophète est strictement interdite par l’Islam, comme on a essayé de le voir et traiter, mais avant tout parce que parodier et ridiculiser un prophète dans un dessin satirique offense et blesse profondément leurs sentiments et leur conscience religieuse et morale, vu qu’il constitue un point de référence et un modèle de vie et d’éthique pour eux.

L’acte du magazine controverse n’est pas du tout nouveau, ni surprenant. Non pas parce qu’on est déjà habitués au pragmatisme irrévérencieux et à l’esprit profanateur de l’homme moderne, qui tel quel «les rois de la terre» dont parle David au début du psaume 2, vise à «jeter Dieux sur la terre», mais pour une raison historiquement objective. Les prophètes et les maîtres spirituels ont été même durant leurs vies bafoués et mépris, calomniés et raillés, vilipendés et dénigrés, insultés et crachés dessus, attaqués et accusés faussement et injustement. Ils ont subi injustice et ont été souvent la cible de harcèlements et de persécutions, d’attentats et d’exécutions, comme témoignent à maintes reprises les Écritures de toutes les religions. «Vous bâtissez les tombeaux des prophètes, alors que vos pères les ont tués», on lit dans l’évangile selon Luc. À cet égard, les même Écritures affirment aussi que tel est le destin que Dieu a réservé à ses prophètes dès la fondation du monde et que les prophètes en étaient bien avertis de cet état de choses, et ils l’ont annoncé par leurs prophéties. Dans ce contexte, toute injure, tout persiflage, tout outrage contre eux et leur autorité morale et étique ne fait que confirmer la véracité de leurs prophéties et de leur mission. Les Écritures disent et insistent avec force d’ailleurs que c’est Dieux lui-même qui les protège; c’était Lui seul dont ils imploraient secours et protection, n’ayant donc aucun besoin d’autre secours et d’autre protection. Ainsi, si dans cette provocation de «Charlie Hebdo» il n’y avait rient que cela, on l’aurait bien ignorée, suivant une admonition prophétique bien connue, qui dit: «Il est absolument inévitable qu’arrivent les scandales; cependant, malheureux celui par qui le scandale arrive!».

Malheureusement, ce n’est pas du tout le cas. Le staff de l’hebdomadaire a déclaré au ton plutôt solennel, agressif et combatif à la fois que son acte est au nom de la propre liberté d’expression et du propre droit au blasphème. Cette logique trouble, inquiète, déconcerte, alarme et bouleverse la sécurité individuelle et sociale pas seulement des hommes religieux, mais aussi des hommes non religieux, parce que justifiée et défendue publiquement par le président Macron, elle ne peut plus être considérée comme une mauvaise compréhension du concept de la liberté et ce du droit, ou un abus de la démocratie par un groupe particulier, tandis que ses persiflages des figures et des symboles religieux s’avèrent être quelque chose qui va décisivement au-delà des efforts pour vendre des copies en plus, ou de l’amusement et du ridicule, et ne peut plus être considéré comme une question ni de tactique commerciale, ni d’esthétique du goût et de l’humeur, mais de politique d’état. D’un état que viole ouvertement pas seulement le deuxième article de la Charte des Droits de l’Homme, mais aussi les principes fondamentaux de cette révolution dont il est né, «Liberté, Égalité, Fraternité», vu qu’en France il y a aussi des citoyens français musulmans ou d’autres religions, qui jouissent de tous les droits juridiques comme les citoyens non religieux. Ainsi faisant, la République risque de devenir ni plus ni moins mais un lieu où «tous sont égaux, mais il y a certains qui sont plus égaux que les autres».

Contrairement à ce que prétendent les hebdoistes, la liberté ne peut être illimitée que lorsque elle est vue en elle-même, «en tant que telle», tandis que dans une société la liberté est limitée et limitante à la fois, tout comme un universel est limité et limitant dans un particulier donné. En effet, si la liberté avait été illimitée, il n’y aurait pas eu place ni pour la société, qui n’est qu’un contrat, un accord dont les parties y sont égales, ni pour l’ordre social, mais seulement pour le chaos. Dans une société, la liberté est limitée et limitante pas seulement au niveau d’agir, mais aussi à ce d’expression. On n’est pas libre d’injurier et de calomnier, d’offenser et d’outrager ou discriminer, tout comme on n’est pas libre d’exalter la pédophilie, d’inviter à violer, d’exhorter à voler et à saccager, de faire appel à la violence, d’inciter à tuer et à commettre suicide, de louer l’illégalité, la transgression de la loi et le vandalisme, de promouvoir la criminalité, le banditisme et la corruption, ou d’attiser la haine, la misanthropie et l’anthropophagie. Et si on n’est pas du tout libre d’injurier et d’offenser, qui peut démarquer la ligne séparant le blasphème de l’insulte à la conscience religieuse des autres?! Qui peut déterminer jusqu’à quel point on est libre de blasphémer sans que cela offense et blesse les sentiments religieux des autres, ou quel est le point dont on peut être libre de s’en indigner, de s’en révolter, de se sentir blessé et offensé par le blasphème et d’en protester?!

Offense, l’injure, l’outrage et blasphème n’ont rien à voir avec la liberté d’expression; tout au contraire, ils sont un abus flagrant de la liberté d’expression. On est – et on doit être – libre d’exprimer et de défendre nos idées, tout comme on est libre de contredire, de critiquer et de refuser les idées des autres, mais sans donc offenser, ni injurier. Dans ce contexte, il est clair que les attaques meurtrières commises par les terroristes aussi que les menaces de mort sont des choses intolérables et horribles qui doivent être punies le plus sévèrement possible (même ici la liberté est bien limitée, on n’est pas libre de tuer, même si on croit qu’ainsi faisant, on fait avancer et promouvoir une «valeur»; les buts positifs ne peuvent en aucun cas justifier les conséquences négatives). Au-delà de tout, les sociétés d’aujourd’hui sont multiculturelles et multireligieuses, raison pour laquelle créer des tensions artificielles c’est un acte manquant de bon sens.

La liberté est limitée et limitante. Le droit est sa limite. La liberté est limitée par le droit et c’est par le droit qu’elle limite. Et le droit dans sa formulation la plus simple et la plus authentique est de ne pas faire aux autres ce que nous n’aimerions pas qu’ils nous fassent.

Intervention de Dr. Rabie Fares à la LSRS

Dr. Rabie Fares a participé aujourd’hui à la cérémonie interreligieuse dans le contexte de la « charte de la diversité » chez notre partenaire du dialogue interreligieux, la Luxembourg School of Religion & Society.

Sous le titre « Toute la création proclame Ta louange », les représentants des différents cultes conventionnées ont eu l’occasion de s’échanger sur la création de Dieu, l’importance de la protection de l’environnement ainsi que la richesse de la diversité religieuses et l’importance d’une échange productif entre les communautés religieuses ai niveau local et international.