Être solidaire et coopératif face à la crise: le message coranique d’une fourmi (1)

Au Nom de Dieu le Tout Clément, le Très Miséricordieux.

Louange à Dieu, le Seigneur du Monde, et la Prière et le salut soient sur Son Prophète,

Assalam’Alikom chers frères et sœurs,

La vie en société n’est pas une caractéristique des seuls êtres humains. Nous partageons avec les fourmis, les abeilles et des milliers d’autres espèces des formes d’interactions constituant une véritable organisation sociale, avec des règles de vie commune, une réelle division du travail, des rituels de communication, des conduites sociales d’altruisme et d’entraide. L’historien Jules Michelet auteur de l’ouvrage « Insecte » interpellait les lecteurs au sujet de la complexité des formes de vie sociale de certains insectes, qui même avec un cerveau aussi rudimentaire que celui des fourmis, suscitent une réflexion sur la nature de l’intelligence, individuelle ou collective et incitent à la méditation sur le néant et l’infini. Il n’est alors pas étonnant que les titres de chapitres entiers du Coran portent des noms d’animaux (« Les fourmis », « Les abeilles », « L’éléphant », « La vache », « L’araignée », etc…) et que le Coran en cite d’autres dans certains de ses passages (chien, poisson, corbeau, sauterelles, chevaux, etc…). Le Coran s’appuie même sur des métaphores de l’animal (mouche, âne, lion, papillons) : « Dieu ne répugne nullement à prendre pour exemple un moustique ou tout être, aussi grand soit-il. » (S.2, V.26).

Le mimétisme comportemental de l’animal est fréquent chez les humains, car c’est par ce mimétisme que le fils d’Adam, Kâbîl (Caïn) – après avoir regretté l’assassinat injuste de son frère Abel – acquiert le rite funéraire : « Puis Allah envoya un corbeau qui se mit à gratter la terre pour lui montrer comment ensevelir le cadavre de son frère. Il dit : « Malheur à moi ! Suis-je incapable d’être, comme ce corbeau, à même d’ensevelir le cadavre de mon frère ? » Il devint alors du nombre de ceux que ronge le remords. » (S.5, V. 30-31).

A l’épreuve du coronavirus, nous avons estimé utile et nécessaire de céder la parole à une fourmi pour nous interpeller à l’aune de cette crise. En effet, le Prophète Salomon – que la prière et le salut soient sur lui – lui-même n’a pas hésité à exprimer son admiration et son étonnement de l’ingéniosité de cette fourmi face au danger : « …Ces paroles (de la fourmi) firent sourire Salomon qui dit : Seigneur ! Permets-moi de rendre grâce des bienfaits dont Tu nous as comblés, mon père, ma mère et moi-même. Fais que toutes mes actions Te soient agréables et admets-moi, par un effet de Ta Grâce, parmi Tes saints serviteurs.» (S.27, V.19).

Nous proposons alors d’analyser son discours et d’en tirer les moralités à l’aune de la crise actuelle, pour apprendre modestement de sa sagesse et nous inspirer humblement de sa perspicacité. Une fourmilière est une collectivité solidaire au sein de laquelle les fourmis coopèrent pour s’occuper de leur reine, nourrir les larves de la colonie, trouver et transporter la nourriture, etc.

Essayons alors sans tarder de plonger dans la méditation d’un tel discours porteur de sens et de sagesse : « Les armées de Salomon composées de djinns, d’hommes et d’oiseaux furent rassemblées et placées en rangs devant lui. Et lorsqu’elles arrivèrent à la vallée des fourmis, l’une de celles-ci s’écria : « Ô fourmis ! Regagnez vos demeures de peur que Salomon et ses armées ne vous écrasent sans s’en apercevoir. » (S.27, V.18,19).

A la lecture de ce message concis, fort éloquent, source d’inspiration et de méditation, nous pouvons dégager les enseignements suivants :

 

  1. La première leçon : le souci de la collectivité et de l’intérêt général au détriment de l’intérêt particulier et de l’esprit partisan.

En temps de crise, surgissent la peur du délitement du lien social et l’angoisse de la fissure du tissu familial. Quand cette fourmi a senti le danger imminent, elle a interpellé l’ensemble des autres fourmis sans aucune distinction : « Ô fourmis ! ». Face au danger généralisé, elle ne s’est pas contentée d’alerter uniquement les fourmis les plus proches de sa tribu, ni même d’essayer d’exclure d’autres fourmis avec qui elle aurait été éventuellement en désaccord, privilégiant ainsi l’esprit du groupe.

La recherche en psychologie sociale, nous montre que nous sommes des êtres d’appartenance, dotés d’une identité sociale qui fait la fierté et la cohésion de notre groupe. Lorsque cette identité sociale est menacée sur le plan réel ou symbolique, les gens développent des stratégies de défense collective pour renforcer leur cohésion sociale, et développer une solidarité interindividuelle. Car c’est en collaborant, en travaillant ensemble, pour un seul but que les conflits cesseront. En temps de crise, nous sommes face à une épreuve collective où le danger imminent n’exclut personne : « Et craignez une calamité qui n’affligera pas exclusivement les injustes d’entre vous. » (S.8, V.25). Au-delà des slogans et des discours, la crise doit nous enseigner à vivre ensemble, même avec des intérêts contradictoires, des passions parfois discordantes.  Les périodes de crise doivent nous apprendre à nous élever pour délaisser nos querelles individuelles, nos divergences politiques, nos débats théologiques et nos désaccords idéologiques. Extirpons-nous de nos retranchements identitaires, renonçons à nos égoïsmes individuels et acceptons de « laisser en dehors nos passions, nos sympathies, nos haines, nos intérêts privés, nos parentés, nos ambitions, nos considérations de personnes  » !

Avec certains modes actuels d’éducation, à l’ère de l’individualisme ambiant, nous avons négligé ces valeurs d’entraide mutuelle, le souci de l’autre et la solidarité intergénérationnelle pour céder la place à la compétition, à la jalousie, à la convoitise et à la désaffiliation sociale. En retraçant l’histoire de la citoyenneté de l’Antiquité à nos jours, la sociologue Dominique Schnapper met en exergue que la citoyenneté, comme l’utopie de l’égalité de tous les citoyens, se heurtent aux mêmes réalités : l’affirmation de l’individualisme, la montée des revendications en faveur de droits subjectifs, le caractère plus que jamais multiculturel des populations… Chacun en est arrivé à défendre, même inconsciemment, ses uniques intérêts, oubliant que l’union et l’entraide, la solidarité ont fait la force, la cohésion sociale de sociétés et d’époques à présent révolues. Le Prophète Mohammed – que la prière et le salut soient sur lui – nous donne cette belle métaphore de la société comme un seul corps physique : « …si un membre du corps souffre, le corps entier sombre dans la fièvre et l’insomnie » ! Une société harmonieuse suppose, outre un bon fonctionnement de ses institutions, des citoyens vertueux au sens philosophique et spirituel du terme, c’est-à-dire courageux, honnêtes, attachés à l’intérêt général !

Être soucieux de l’intérêt général, c’est être intègre, honnête et authentique en luttant contre l’égoïsme, l’opportunisme et le dogmatisme ! Être soucieux de l’intérêt général, c’est aussi n’éprouver aucun complexe à composer avec tout le monde, en tirant le meilleur parti de chacun ! Être soucieux de l’intérêt général, c’est être toujours coopératif, opérationnel et efficace en tout temps et en tout lieu !  Méditons sur cette attitude de Moïse – que la prière et le salut soit sur lui – qui demande sans aucune gêne le soutien de son frère comme collaborateur pour pallier à son manque d’éloquence et de maitrise de la langue des égyptiens : « Mais Harun (Aaron), mon frère est plus éloquent que moi. Envoie-le donc avec moi comme auxiliaire pour déclarer ma véracité : je crains vraiment qu’ils ne me traitent de menteur » (S.28, V.34) ! Un combat ne se gagne pas seul, mais se gagne avec l’effort, la construction et l’apport de toutes les énergies vives d’une société ! Donc, il faut s’unir et faire preuve de solidarité, d’entraide et d’empathie pour faire face à la menace du groupe.

Depuis son avènement, l’Islam cultive cette culture de « l’intérêt général », en exhortant les croyants à respecter les lieux publics (ne pas y uriner, ne pas troubler l’ordre public, respecter les règles de la rue, ne pas dégrader les biens publics, etc…) au point que le simple geste consistant à débarrasser la voie publique des obstacles est considéré comme un acte de foi : « Et le fait d’enlever les obstacles du chemin des gens est une aumône » disait le Prophète – que la prière et le salut soient sur lui. Dans cette perspective, nos savants ont théorisé ce principe de « Maslaha A’a’mma » (intérêt général) qui prime systématiquement sur « Masalaha Khassa » (intérêt particulier) pour en faire un principe d’arbitrage dans la fatwa (avis théologique) en cas de conflits d’intérêt.  Dans ce sens, rappelons-nous que tous les actes d’adoration constituant un service d’intérêt général (aide à la personne, soulagement des souffrances, hospitalité, etc…) sont valorisés en termes de récompense divine par rapport aux actes profitant à leurs seuls auteurs. En effet, l’Islam a accordé une place particulière aux actes d’utilité publique, profitant à la collectivité, comme le système de Waqf : un système financier de legs comparable à une forme d’Economie Sociale et Solidaire. Le Prophète – que la prière et le salut soient sur lui disait : « Si l’être humain meurt, son action sera interrompue sauf trois choses : une aumône permanente, un savoir utile, un enfant pieux qui invoque Dieu pour lui ». Ces trois champs d’investissement sont, entre autres, l’illustration parfaite de ce qu’est le développement durable, système d’échanges profitant à tout le monde, à savoir :

  • L’aumône permanente qui inclut toutes les formes de bienfaisance à l’égard d’autrui, dont par exemple, la construction de puits, d’écoles, d’hôpitaux, de maisons de retraite, d’orphelinats, etc…
  • La connaissance, qui intègre tout le champ de l’enseignement, de la formation et de la transmission du savoir.
  • L’éducation, qui inclut l’aide à la parentalité pour assurer une bonne éducation aux enfants.

Quelle amertume de voir certains, au moment de la crise, bâtir sans aucun scrupule leur gloire personnelle, redorer narcissiquement leur image sur le malheur des autres ! Quelle honte de profiter de la crise pour s’enrichir au détriment des plus fragiles et des plus démunis ! C’est pour ces raisons, que l’Islam a interdit de spéculer sur les produits de première nécessité, en profitant de l’angoisse des gens : « Ne spécule qu’un grand pécheur » disait le Prophète – que la prière et le salut soient sur lui ! Apprenons de l’attitude digne de Moïse – que la prière et le salut soient sur lui : « Il abreuva les bêtes pour elles (les filles) puis retourna à l’ombre et dit : « Seigneur, j’ai grand besoin du bien que tu fais descendre sur moi. »  (S.28, V.24) ! Quelle attitude digne ! Il accomplit son devoir d’aide sans aucune attente d’une compensation ou une contrepartie – à part la récompense divine – et il reste dans l’ombre ! Nous avons besoin de ces hommes et femmes discrets, travaillant dans l’ombre, à l’image de « quelqu’un marchant dans le sable : tu n’entends pas les bruits de ses pas, mais tu vois les traces de ses pas » ! La crise sanitaire mondiale du Coronavirus a remis sur le devant de la scène ces gens de l’ombre, de l’aide à la personne (personnels soignants, de nettoyage, transport, etc…) qui se sont toujours sacrifiés pour l’intérêt commun et se sacrifient encore plus aujourd’hui pour sauver des vies et pour préserver notre bien commun, courant eux-mêmes le risque d’être contaminés ! Malheureusement, la société a accordé beaucoup d’importance à celles et à ceux qui se soucient plutôt de leur image, de leur renommée ou de leur gloire face à un public devenu majoritairement spectateur passif, obnubilé par ses stars et ses idoles du moment !

Il est venu le moment pour la société de faire un examen de conscience scrupuleux et de mener une révolution culturelle pour placer l’humain au cœur de la réforme sociale ! Il est venu le moment de valoriser socialement des métiers qui jusqu’alors ont été relégués au bas de l’échelle sociale, dévalorisés et déshumanisés sous le poids de la pression économique et du profit matériel, malgré l’abnégation, la dignité et le courage de ces hommes et de ces femmes qui ont fait du service et de la relation d’aide un choix professionnel, voire un choix de vie pour certain(e)s !

Enfin, dans ce monde actuellement en arrêt, marqué par la crainte, l’angoisse, alimentant le rejet de l’autre et le repli sur soi, nous avons impérativement besoin de tisser des liens, des rencontres entre citoyens !

Dans ce monde moderne globalisé, que l’on se sente religieux, agnostique ou athée, nous sommes héritier de la même humanité et nous partageons pour la première fois dans l’Histoire un destin commun, des périls communs. Même si nos approches, nos chemins, nos univers de sens sont divers et variés, il n’empêche que le destin de l’humanité, son bonheur et son épanouissement sont les préoccupations essentielles de 7 milliards d’individus. Pensons entre autres, aux défis économiques, écologiques et éducatifs après ce drame du Coronavirus ! Car si chacun campe sur ses privilèges de classe, ses acquis personnels ou ses positions dominantes au détriment de l’intérêt général, le destin collectif est mis en péril, ce qui conduira inévitablement à une hécatombe humaine et sociale. Nous avons déjà souligné, lors d’un précédent article, cette métaphore prophétique de la société à l’image d’un navire au milieu des flots marins : les vagues ne cessent de secouer notre destin commun. Faire preuve d’unité, de coopération et de solidarité permet de sauver notre bien commun.

Immergés dans notre quotidien, enfermé dans nos rythmes, nos habitudes, nos modes de consommation et notre confort personnel, nous devons tous et toutes réapprendre à faire société ! Nous devons apprendre de cette période, réactualiser le respect, l’empathie, la réciprocité, le respect de soi et le souci du groupe ! Nous avons jusqu’ici évoqué intensément la « liberté » et « l’égalité », faisant abstraction du ciment de « la fraternité », à savoir la « coopération plutôt que la compétition », la solidarité plutôt que l’égoïsme, l’intérêt général plutôt que l’intérêt particulier !

Cette fraternité – si je reprends un langage physicien – est « la variable d’ajustement » de la paix sociale en temps de crise. Dans ce contexte, notre responsabilité est double : allons-nous léguer à nos enfants une société déchirée par des conflits, pervertie par les préjugés et la recherche du profit ou allons-nous plutôt laisser aux générations futures un espace serein pour construire une société plus juste, plus fraternelle, plus humaine qui donne à chacun(e) sa place ?

Il est venu le moment de retricoter notre tissu sociétal déchiré par les conflits partisans, de cicatriser la plaie béante de la fracture sociale et de la stratification ethnique !

En de nombreux endroits, sur les réseaux sociaux, les échanges prenant des formes différentes d’expression se multiplient !  En de multiples occasions, nous assistons à des élans de solidarité et de générosité : entre voisins, entre générations, entre associations… Des personnes, des entreprises, des associations mettent leur talents (artistiques, culturels, religieux, techniques, organisationnels…) au service d’autrui pour aider à supporter le confinement, la maladie, le deuil…

De la nature, des connaissances, des opportunités culturelles, des visites artistiques, des opportunités de méditation, de réflexion sur soi et le monde, etc… sont offertes, gracieusement à ceux qui ont la chance de bénéficier d’internet. Nous espérons sortir plus sages, plus altruistes, grandis de cette catastrophe car partout et dans de nombreux domaines, bien plus fortes que l’individualisme matériel et le libéralisme économique, fleurissent des initiatives généreuses à l’effet boule de neige.

Espérons que cette crise nous amène à prendre conscience de la valeur de toute vie humaine, à désirer fortifier les liens familiaux et sociaux, à prendre le temps de nous occuper enfin de nous, à prendre le temps de vivre l’essentiel.

 

Par Dr. Rabie FARES, Chef de Culte Musulman au Grand-Duché de Luxembourg

Mesures de prévention contre le Covid19 – Actualisation du 15.03.2020

Salam alaikum chers sœurs et frères,

Le gouvernement luxembourgeois s’est réuni le 15 mars 2020 lors d’un conseil ministériel extraordinaire dans le souci de limiter l’impact du Covid19 sur notre société. Suite à cette réunion, le Premier Ministre a annoncé les mesures de prévention suivantes qui entreront en vigueur dans la nuit du 15 au 16 mars à 0 :00 heures :

  • Les déplacements de personnes sont à limiter aux déplacements strictement nécessaires (travail, médecin, cours alimentaires) ;
  • Toutes les institutions culturelles, cultuelles et sportives etc sont à fermer ;
  • Toutes les entreprises accueillant des clients resteront fermées au public, sauf commerces vitales (épiceries, infirmeries, pompes d’essence,) ;
  • Le gouvernement appelle au respect des mesures et à la solidarité.

La Shoura se montre fortement concernée par l’évolution et la propagation du Covid19 et ses impacts sur la santé publique, dont notamment les personnes âgées et vulnérables. La Shoura rappelle les consignes gouvernementales du 12 mars 2020 envoyées aux associations islamiques d’annuler la prière du vendredi, les cours d’éducation islamique et de ne plus organiser les prières journalières en commun.

Pour préserver ce bien commun de la santé publique et au regard du respect de l’ordre publique, auquel la Shoura et ses associations affiliées se sont engagés par le conventionnement de 2015, la Shoura ordonne aux associations islamiques de fermer leurs portes au public ainsi que d’annuler toutes leurs évènements et cours dès minuit de la nuit du 15 au 16 mars jusqu’à nouvel ordre.

La Shoura rejoint aussi le Gouvernement à l’appel de solidarité, et demande aux fidèles de se renseigner sur d’éventuelles personnes âgées ou vulnérables parmi leurs connaissances et voisinage dans le but de leur apporter de l’aide en cas de nécessité (faire des courses, offrir une possibilité de communiquer, etc).

Nous remercions les imams et les responsables des associations pour leur coopération suite à cette décision difficile, mais nécessaire. Le culte musulman, dans un esprit et engagement commun, affirme et assume ses responsabilités citoyennes en prenant conscience de la gravité de la situation sans néanmoins céder à la panique.

La Shoura suivra la situation actuelle, soutiendra les responsables du culte musulman et si nécessaire prendra des mesures supplémentaires. Une permanence est assurée via le numéro d’urgence et l’email officiel de la Shoura. Des nouvelles seront régulièrement publiées sur le site www.shoura.lu.

Nous souhaitons et prions pour le rétablissement rapide des patients. Nous exprimons tout notre soutien spirituel aux professionnels de la santé et des services d’intervention et demandons aux croyants de prier pour le bien-être du pays durant cette pandémie. Nos remerciements et prières s’adressent aussi à toute autre personne qui dans ces heures difficiles assurent le maintien des services vitaux, par exemple au sein du transport publique ou dans les commerces.

Décision unanime de la Shoura

Mesures de préventions au sein du culte musulman – Actualisation du 13.03.2020

Chers frères, nous vous remercions de votre réactivité suite à notre communiqué qui vous a été transmis le 12 mars 2020.

C’est avec plaisir que nous apprenons que toutes les associations membres de la Shoura se sont alignées sur les directives du gouvernement recommandant de ne pas organiser voire interdisant les rassemblements comptant plus de 100 personnes dans des lieux et endroits fermés.

Al hamdoulillah, étant donné que votre réactivité a permis d’agir à temps pour prévenir que nous soyons d’avantage touchés par COVID-19, nous tenons par la présente à vous rappeler que la loi sur le conventionnement dispose très clairement que la communauté musulmane est tenue de respecter l’ordre public du Luxembourg. La décision du gouvernement d’interdire tout rassemblement de plus de 100 personnes dans un même lieu est une décision d’ordre public et doit par conséquent être impérativement respectée.

Egalement, la marge de manoeuvre de la Shoura est très limitée actuellement car non seulement nous devons respecter les décisions gouvernementales qui sont prises dans l’intérêt des citoyens, mais la santé de nos fidèles nous est davantage plus importante.

Le Conseil des Cultes Conventionnés, réunissons les plus hauts responsables religieux des six cultes conventionnés, ainsi que de deux cultes observateurs, tient à nous rappeler que notre santé est un bienfait que nous devons préserver à tout prix. Lors de sa réunion du 12 mars, le CCC a circulé la directive aux cultes membres de respecter et d’appliquer sans tarder toutes les consignes et conseils du gouvernement dans un effort commun de maintenir l’ordre publique et le bien commun. Les cultes membres sont conscient de la gravité de la situation actuelle et assument leur responsabilité civile sans vouloir céder à la panique.

Nous tenons à souligner également que la décision pour l’annulation des prières de vendredi a été prise à l’unanimité au sein de la Shoura dans le but du respect de la loi et conformément au conventionnement. De même, nous nous sommes alignés aux décisions communes prises au sein du conseil conventionné du culte à l’unanimité. Cette décision est applicable jusqu’à nouvel ordre.

En ce qui concerne les 5 prières quotidiennes, puisque la loi n’interdit pas tout rassemblement de moins de 100 personnes, il appartient aux comités de chaque association de prendre leurs décisions y relative, en s’assurant tout de même du respect des consignes sanitaires (désinfection des lieux plusieurs fois par jour, désinfection des sanitaires, mise à disposition de quantités suffisantes de désinfectant, savon et lingettes, du papier toilette et des essuie-mains). À ce titre, il est fortement conseillé, pour des raisons d’hygiène, de:
– indiquer aux fidèles de ramener leurs tapis de prière régulièrement lavé avec soi et l’utiliser à l’intérieur des mosquées;
– imposer que les ablutions se fassent à domicile et avant de venir à la mosquée, sauf bien évidemment un empêchement pour ce faire (travail, voyagers etc).

Nous recommandons aux personnes considérées comme fragiles de point de vue de leur santé (personnes âgées, malades, enfants…) de ne plus se rendre sur les lieux.

Les célébrations de mariages ou évènements similaires sont à reporter de préférence à une date ultérieure et en fonction de l’évolution de l’état des lieux. Les prières mortuaires (Salat al-Janazah) sont à limiter à un nombre restreint de personnes (membres de famille, personnes proches).
Sachez que nos décisions sont évolutives en fonction de l’évolution de la situation sanitaire du pays et de la propagation du virus COVID-19.

Finalement, nous vous rappelons de ne pas oublier notre pays et notre communauté dans vos invocations et prières ainsi que le personnel et les servants publics (médecins, secouristes, policiers, pompiers et tout autre type d’intervenants) qui oeuvrent actuellement pour notre bienêtre en permanence.

BarakAllahou fikum

Annulation des sermons du Vendredi

Les associations suivantes communiquent qu’elles n’organiseront pas de prière du Vendredi le 13.03.2020 jusqu’à communication contraire:

AFNANE (Differdange)
AIC Sud (Esch-sur-Alzette)
AIL (Luxembourg-Bonnevoie)
CCIL (Mamer)
CCINS (Diekirch)
CICBL (Esch-sur-Alzette)
CIL (Contern)
LJM (Luxembourg-Bonnevoie)

Les associations suivantes appellent leurs fidèles de rester à la maison, la prière du Vendredi sera probablement annulée:

AIWL (Wiltz)

Le sermon du Vendredi par Hfz. Dr. Rabie Fares au AIWL à Wiltz est annulé.