Khoutba centrale : « Les stations de l’Au-delà – un réveil pour les cœurs des croyants »
Allah, notre Seigneur, a prescrit la mort à toutes Ses créatures. Elle est une réalité inévitable à laquelle chaque être humain, sans exception, sera confronté. Bien que l’on parle le plus souvent de la mort comme d’une perte, d’une douleur et d’une séparation, le croyant est invité à la considérer de manière plus profonde et plus mûre, conscient que rien de ce qu’Allah décrète n’est dépourvu de sagesse, de sens et de finalité. En méditant sur la mort à la lumière du Coran, de la Sunna et de la réalité de la vie, il devient clair que, malgré sa gravité et son épreuve, elle porte aussi des messages importants et bénéfiques.
Le Très-Haut qualifie la mort de malheur et d’épreuve en disant :
« Et si, parcourant la terre, vous êtes frappés par le malheur de la mort… » (Al-Mâ’ida, 106)
La mort comme l’avertissement le plus profond
La mort est le conseiller le plus sincère de l’être humain. La réflexion sur sa propre fin ou le fait d’assister à la mort d’autrui réveille une conscience assoupie, brise l’illusion de la permanence et rappelle à l’homme sa destinée réelle. Nul ne peut espérer y échapper ; la mort atteint tout le monde, sans distinction de force, de rang ou de richesse.
Le Messager d’Allah ﷺ a dit :
« La mort est une exhortation suffisante, et la certitude de la foi est une richesse suffisante. » (Al-Bayhaqî, Shu‘ab al-Îmân)
Lorsque les passions prennent le dessus sur la raison et que les péchés deviennent difficiles à maîtriser, le rappel de la mort et de la rencontre avec Allah rétablit l’équilibre et la clarté. Elle est le sermon le plus silencieux, mais aussi le plus puissant : elle ne crie pas, mais pénètre profondément. C’est pourquoi le Messager d’Allah ﷺ a conseillé :
« Multipliez le rappel de ce qui met fin aux plaisirs, c’est-à-dire la mort. »
(Rapporté par At-Tirmidhî, qui a dit que le hadith est hasan gharîb.)
Le passage de la demeure de l’épreuve à la demeure de la récompense
La vie d’ici-bas est le lieu de l’effort, de la responsabilité et du combat contre soi-même. Sur cette terre, le croyant est tenu de se contenir, de maîtriser ses passions et de vivre dans les limites qu’Allah a fixées. Ces restrictions, bien que lourdes, ont un sens et un objectif.
Le Messager d’Allah ﷺ a dit :
« Ce bas monde est une prison pour le croyant et un paradis pour le mécréant. » (Muslim)
Pour le croyant, la mort signifie la sortie de cette prison, la fin des pressions, des épreuves et des luttes intérieures. Quitter ce monde marque pour lui le début du repos et de la récompense. Le Prophète ﷺ a dit en passant devant un cortège funéraire :
« Il s’est reposé, ou bien on s’est reposé de lui. »
On lui demanda ce que cela signifiait, et il répondit :
« Le serviteur d’Allah qui est croyant se repose des difficultés et des troubles de ce monde en se réfugiant dans la miséricorde d’Allah. Quant au serviteur d’Allah qui était transgresseur, les gens, la terre, les arbres et les animaux se reposent de lui. »
(Al-Bukhârî et Muslim)
Les œuvres semées en ce monde donnent leurs fruits dans l’au-delà. Le Très-Haut dit :
« À celui qui désire la récompense de l’au-delà, Nous la multiplierons ; et à celui qui désire la récompense d’ici-bas, Nous la lui accorderons, mais il n’aura aucune part dans l’au-delà. » (Ach-Chourâ, 20)
La rencontre avec la plus noble des compagnies
La mort n’est pas seulement une séparation, mais aussi une rencontre. Après la mort, le croyant rejoint la plus noble compagnie qu’Allah a choisie pour Ses serviteurs obéissants. Le Très-Haut dit :
« Ceux qui obéissent à Allah et au Messager seront avec les prophètes, les véridiques, les martyrs et les vertueux qu’Allah a comblés de Ses bienfaits. Et quels excellents compagnons que ceux-là ! Cette grâce vient d’Allah, et Allah suffit comme Savant. »
(An-Nisâ’, 69–70)
La mort sépare l’homme de ceux avec qui il ne partage pas les mêmes valeurs, et le rapproche de ceux avec qui il partage la foi, la vérité et la pureté du cœur.
La fin de la douleur, de la faiblesse et de l’humiliation du corps
Le cycle de la vie humaine commence par la faiblesse, se poursuit par la force, puis se termine par un retour à la fragilité. Lorsque la maladie, la vieillesse et la perte de vigueur dominent le corps, la mort devient un soulagement et une miséricorde. Le Très-Haut décrit cette réalité en disant :
« C’est Allah qui vous a créés faibles ; puis après la faiblesse, Il vous donne la force ; puis après la force, Il vous ramène à la faiblesse et aux cheveux blancs. Il crée ce qu’Il veut, et Il est l’Omniscient, l’Omnipotent. »
(Ar-Rûm, 54)
C’est pourquoi le Messager d’Allah ﷺ demandait dans ses invocations d’être préservé de la décrépitude extrême (Muslim).
L’entrée dans un monde de justice absolue
La vie d’ici-bas est un monde d’injustice, d’inégalités et de comptes non réglés. L’au-delà est le monde de la justice parfaite et absolue, où rien ne reste oublié. Le Très-Haut dit :
« Nous placerons les balances justes pour le Jour de la Résurrection ; nul ne sera lésé en rien. Même du poids d’un grain de moutarde, Nous le ferons venir. Et Nous suffisons largement pour dresser les comptes. »
(Al-Anbiyâ’, 47)
Pour le croyant, la mort n’est pas une fin, mais un passage.
(Khoutba centrale du chef de culte Hafiz Hilmija Redžić du 9 janvier 2026 au Centre Culturel Islamique Nordstad à Diekirch)