Khoutba centrale : « Ramadan à la lumière du Coran »
Entre le Coran et le mois de Ramadan existe un lien indissociable. C’est précisément durant ce mois qu’a commencé la révélation du Livre d’Allah, ce qui confère à la récitation du Coran en Ramadan une place particulière dans la vie du croyant. Allah, le Très-Haut, a décrété que l’année comporte douze mois, et cet ordre n’est pas le résultat d’un accord humain ou de calculs scientifiques, mais d’un décret divin. Le Très-Haut dit :
« Le nombre de mois, auprès d’Allah, est de douze, selon le Livre d’Allah, depuis le jour où Il créa les cieux et la terre ; quatre d’entre eux sont sacrés » (At-Tawba, 36).
Bien que le Ramadan ne fasse pas partie de ces mois sacrés, il occupe une place particulière en raison des événements et des actes d’adoration qui lui sont liés.
Il est intéressant de noter que le Ramadan n’est mentionné qu’une seule fois dans le Coran, et précisément dans le contexte de la révélation du Coran. Le Très-Haut dit :
« Le mois de Ramadan au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens et preuves claires de la bonne direction et du discernement… » (Al-Baqara, 185).
Ce verset révèle l’essence de la valeur du Ramadan : sa spécificité découle de son lien avec le Coran, le Livre de guidance qui a apporté à l’humanité la lumière de la vérité et des critères clairs entre le bien et le mal.
Dans ce même verset est mentionnée une autre raison fondamentale de la particularité du Ramadan : l’obligation du jeûne. Le Très-Haut dit :
« …Quiconque d’entre vous est présent en ce mois, qu’il jeûne… » (Al-Baqara, 185).
Le jeûne est l’un des cinq piliers de l’islam et une obligation pour tout musulman adulte et sain d’esprit, sauf ceux qui ont une excuse valable. Ainsi, le Ramadan acquiert une forte dimension spirituelle, car le jeûne n’est pas seulement une abstention de nourriture et de boisson, mais un acte d’adoration qui purifie le cœur, discipline l’être humain et le rapproche de son Seigneur.
La grande valeur de ce mois est également confirmée par le fait qu’il contient une nuit meilleure que mille mois : la nuit du Destin (Laylat al-Qadr), au cours de laquelle la révélation du Coran a commencé. Le Très-Haut dit :
« Nous l’avons certes fait descendre pendant la Nuit du Destin. Et qui te dira ce qu’est la Nuit du Destin ? La Nuit du Destin est meilleure que mille mois » (Al-Qadr, 1–3).
Cette nuit représente le sommet de l’expérience spirituelle du Ramadan et une occasion de pardon, de miséricorde et de proximité avec Allah.
Dans le contexte des versets sur le jeûne, le Très-Haut révèle également l’un des plus beaux versets concernant Sa proximité avec Ses serviteurs :
« Et quand Mes serviteurs t’interrogent sur Moi… alors Je suis tout proche : Je réponds à l’appel de celui qui Me prie quand il Me prie. Qu’ils répondent donc à Mon appel et qu’ils croient en Moi, afin qu’ils soient bien guidés » (Al-Baqara, 186).
Ce verset rappelle que le Ramadan n’est pas seulement un mois d’adoration, mais aussi un temps de proximité spirituelle particulière entre l’homme et son Seigneur, à travers l’invocation, le repentir et la sincérité.
Le Coran indique également clairement l’objectif du jeûne : la piété (taqwa). Le Très-Haut dit :
« Ô vous qui croyez ! Le jeûne vous a été prescrit comme il a été prescrit à ceux avant vous, afin que vous atteigniez la piété » (Al-Baqara, 183).
Ainsi, le Ramadan est une école de discipline et de conscience d’Allah. Par le jeûne, la récitation du Coran, les invocations et les bonnes actions, le croyant apprend à maîtriser ses passions et à renforcer son lien spirituel avec son Seigneur.
Parmi les actes d’adoration particulièrement liés au Ramadan figure également l’i‘tikaf — le fait de se retirer dans la mosquée pour se consacrer à l’adoration et à Allah. Le Coran mentionne cet acte en ces termes :
« Et Nous confiâmes à Abraham et Ismaël ceci : Purifiez Ma Maison pour ceux qui tournent autour, s’y retirent en dévotion (i‘tikaf), s’inclinent et se prosternent » (Al-Baqara, 125).
Il en précise aussi les règles :
« Mais n’ayez pas de rapports avec elles pendant que vous êtes en retraite pieuse dans les mosquées. Voilà les limites d’Allah, ne vous en approchez pas » (Al-Baqara, 187).
Ces versets montrent que l’i‘tikaf est une occasion particulière de se consacrer entièrement à l’adoration et au renouveau spirituel.
En considérant tous ces versets coraniques, il apparaît clairement que le Ramadan dans le Coran n’est pas seulement présenté comme un mois de jeûne, mais comme un temps de révélation du Coran, de proximité spirituelle avec Allah, de repentir, d’invocation et de construction de la piété. C’est pourquoi le Ramadan demeure le mois durant lequel le croyant renouvelle son lien avec le Coran, approfondit sa foi et trouve la force d’orienter sa vie vers ce qui mène à la satisfaction d’Allah.
(Khoutba centrale du chef de culte Hafiz Hilmija Redžić du 20 février 2026 au « Centre Islamique au Luxembourg » à Contern)