Khoutba centrale : « Le Ramadan est une opportunité jusqu’à son dernier instant »

À mesure que la fin du mois béni de Ramadan approche, les cœurs des croyants sont remplis d’un double sentiment. D’un côté, il y a la joie, car Allah, le Très-Haut, a permis d’accomplir le jeûne du mois de Ramadan et d’accomplir l’un des piliers fondamentaux de l’islam. D’un autre côté, une certaine tristesse apparaît, car approche le moment de se séparer de jours durant lesquels la miséricorde, le pardon et la proximité spirituelle avec Allah étaient particulièrement présents dans la vie des croyants.

Le Ramadan est un mois durant lequel le croyant se rappelle l’essence de sa foi. Les mosquées se remplissent de fidèles, le Coran est davantage lu et écouté, et les gens sont plus enclins à faire le bien, à rendre visite aux autres et à s’entraider. Ce qui, durant l’année, est souvent négligé retrouve en Ramadan sa place légitime : la prière, l’invocation, le Coran et l’attention portée aux autres.

Les derniers jours et nuits de ce mois ont une valeur particulière. Ils ne sont pas seulement la fin du jeûne, mais le sommet du cheminement spirituel du Ramadan. Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) manifestait justement durant ces jours une dévotion encore plus intense dans l’adoration.

Aïcha (qu’Allah soit satisfait d’elle) rapporte :
« Lorsque arrivaient les dix dernières nuits du Ramadan, le Prophète (paix et bénédictions sur lui) redoublait d’efforts, passait ses nuits en adoration et réveillait sa famille. »
(Sahih al-Bukhari, n° 2024 ; Sahih Muslim, n° 1174)

Ce hadith montre que la fin du Ramadan n’est pas un moment de relâchement, mais au contraire un moment d’effort accru. Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) passait ses nuits en prière, en rappel d’Allah et en invocation, et il encourageait les membres de sa famille à participer à ces moments d’adoration.

D’autres récits rapportent que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) intensifiait particulièrement la prière nocturne durant les dix dernières nuits. Sa prière n’était ni courte ni superficielle. Abou Houzeïfa (qu’Allah soit satisfait de lui) rapporte qu’une nuit, il pria derrière le Prophète (paix et bénédictions sur lui), qui récita dans une seule unité de prière les sourates Al-Baqara, Âl ‘Imrân et An-Nisâ’. Lorsqu’il récitait des versets évoquant le châtiment, il s’arrêtait pour demander protection à Allah, et lorsqu’il rencontrait des versets de miséricorde, il s’arrêtait pour implorer Sa miséricorde.
(Sahih Muslim, n° 772)

Cela montre comment était la prière du Prophète : longue, paisible et empreinte de réflexion sur les paroles d’Allah.

Une place particulière dans les dix derniers jours du Ramadan est aussi accordée à l’i‘tikâf, le retrait spirituel dans la mosquée afin de se consacrer entièrement à l’adoration. Abou Hourayra (qu’Allah soit satisfait de lui) rapporte :
« Le Prophète accomplissait l’i‘tikâf dix jours chaque Ramadan, et l’année où il est décédé, il l’a accompli vingt jours. »
(Sahih al-Bukhari, n° 2044)

L’i‘tikâf rappelle au croyant la nécessité de se retirer, ne serait-ce que brièvement, du tumulte quotidien afin de tourner son cœur vers Allah. Il montre que l’être humain a besoin de silence spirituel pour renouveler sa relation avec son Seigneur.

Parmi les dernières nuits du Ramadan se trouve une nuit qui dépasse toutes les autres : Laylat al-Qadr (la Nuit du Destin).

Allah, le Très-Haut, dit :
« Nous l’avons certes fait descendre pendant la Nuit du Destin. Et qui te dira ce qu’est la Nuit du Destin ? La Nuit du Destin est meilleure que mille mois. Durant celle-ci descendent les anges ainsi que l’Esprit (Gabriel), par permission de leur Seigneur pour tout ordre. Elle est paix et salut jusqu’à l’apparition de l’aube. »
(Sourate Al-Qadr, 1–5)

La valeur de cette nuit est telle que l’adoration qui y est accomplie vaut mieux que celle de plus de quatre-vingt-trois années.

Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit :
« Celui qui veille la Nuit du Destin avec foi et en espérant la récompense verra ses péchés passés pardonnés. »
(Sahih al-Bukhari, n° 1901)

C’est pourquoi le Prophète encourageait ses compagnons à la rechercher durant les nuits impaires des dix dernières nuits du Ramadan.

Aïcha (qu’Allah soit satisfait d’elle) rapporte qu’il a dit :
« Recherchez la Nuit du Destin dans les nuits impaires des dix dernières nuits du Ramadan. »
(Sahih al-Bukhari, n° 2017)

Lorsqu’Aïcha demanda au Prophète quelle invocation dire si elle atteignait cette nuit, il répondit :

« Allahumma innaka ‘afuwwun tuhibbul ‘afwa fa‘fu ‘anni. »
Ô Allah, Tu es Pardonneur et Tu aimes le pardon, alors pardonne-moi.
(Sunan at-Tirmidhi, n° 3513)

Cette courte invocation résume l’essence de la fin du Ramadan : rechercher le pardon et la miséricorde d’Allah.

Durant ces nuits, le croyant se rappelle que la grandeur de l’adoration ne réside pas seulement dans sa durée, mais dans la sincérité du cœur. Quelques unités de prière sincères, quelques larmes dans l’invocation et quelques instants de rappel sincère peuvent transformer la vie d’une personne.

C’est pourquoi les dernières nuits du Ramadan ne doivent pas être vécues avec négligence. Peut-être que parmi elles se trouve la nuit durant laquelle Allah efface les péchés, exauce les invocations et transforme l’état du cœur.

Le Ramadan est une opportunité qui dure jusqu’à son dernier instant. Celui qui le termine avec sincérité et effort espère en sortir avec des péchés pardonnés, un cœur purifié et une relation renforcée avec Allah. Et Allah sait mieux.

(Khoutba centrale du chef de culte Hafiz Hilmija Redžić du 6 mars 2026 au « Centre Culturel Islamique Al-Siddiq » à Troisvierges)