Khoutba centrale : « La conclusion est l’espérance »
À l’approche de la fin du Ramadan, les cœurs des croyants deviennent particulièrement sensibles. Les jours de jeûne passent, les nuits d’adoration touchent à leur terme, et l’homme ressent à la fois gratitude et tristesse : gratitude d’avoir été honoré par Allah de vivre ce mois béni, et tristesse de se séparer des jours où l’âme était plus proche de son Seigneur. Et c’est justement dans cette conclusion que réside un grand message : la fin du Ramadan n’est pas un désespoir, mais une espérance.
Pourquoi ressentons-nous une joie et une sérénité particulières pendant le Ramadan ? Parce que nous sommes alors plus que d’habitude occupés par ce pour quoi nous avons été créés. Le Très-Haut dit : « Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. » (Adh-Dhariyat, 56) Lorsque l’homme vit dans l’adoration, l’obéissance, l’invocation, le Coran et la bienfaisance, il ressent alors une harmonie intérieure, car il revient à sa véritable finalité. Le Ramadan nous enseigne cela plus intensément que toute autre période. On pourrait donc dire : si nous vivions toute notre vie dans l’esprit du Ramadan, l’au-delà serait pour nous comme une fête de l’Aïd.
Dans la dernière partie du Ramadan, le croyant ne regarde pas seulement ce qu’il a accompli, mais encore davantage ce qu’il espère. Il espère le pardon d’Allah, espère que son jeûne sera accepté, espère avoir été touché par certaines des miséricordes particulières qu’Allah fait descendre dans les moments choisis. C’est pourquoi le croyant ne faiblit pas à la fin, mais intensifie ses invocations, ses évocations (dhikr), ses demandes de pardon (istighfar) et ses bonnes actions. Car peut-être qu’un seul instant sincère, une seule larme, une seule invocation, une seule prosternation nocturne ou une seule aumône seront la cause de la miséricorde et du salut d’Allah.
Un des grands signes de cette conclusion est aussi la zakat al-fitr, qui vient comme le sceau du Ramadan et sa beauté sociale. Il ne suffit pas que l’homme se réjouisse uniquement pour lui-même à l’Aïd, mais il doit veiller à ce que le pauvre, l’orphelin et le nécessiteux ressentent eux aussi la dignité de ces jours. Abdullah ibn Omar, qu’Allah les agrée, rapporte : « Le Messager d’Allah, que la paix et la bénédiction soient sur lui, a prescrit la zakat al-fitr : un sa’ de dattes ou un sa’ d’orge, pour chaque musulman, libre ou esclave, homme ou femme. » (Boukhari, Muslim) Cela montre clairement que la fin du Ramadan est liée à la responsabilité, à la purification du jeûne et à la solidarité envers la communauté.
Abdullah ibn Abbas, qu’Allah les agrée, explique la sagesse de cette prescription en disant : « Le Messager d’Allah a prescrit la zakat al-fitr pour purifier le jeûne des paroles et des actes indécents, et pour nourrir les pauvres. » (Abou Dawoud, Ibn Maja) Ainsi, la fin du Ramadan n’est pas seulement l’attente de l’Aïd, mais aussi une purification de ce qui a pu manquer dans notre jeûne et notre comportement.
Le Très-Haut a déterminé à qui revient la zakat et les aumônes obligatoires : « Les aumônes ne sont destinées qu’aux pauvres, aux indigents, à ceux qui les collectent, à ceux dont les cœurs sont à gagner, à l’affranchissement des esclaves, aux endettés, dans le sentier d’Allah, et au voyageur. C’est un décret d’Allah ! Et Allah est Omniscient et Sage. » (At-Tawba, 60) Et dans les jours précédant l’Aïd, ce sont justement les pauvres qui méritent le plus qu’on leur tende la main, qu’on leur facilite la vie et qu’on les préserve de l’humiliation de la demande.
C’est pourquoi la fin du Ramadan doit éveiller en nous trois grandes choses : la gratitude, la responsabilité et l’espérance. La gratitude d’avoir vécu et accompagné le Ramadan. La responsabilité de corriger ce qui a été imparfait et d’aider les autres. Et l’espérance qu’Allah accepte même le peu lorsqu’il est sincère, qu’Il pardonne les grands péchés lorsque le serviteur se repent sincèrement, et qu’Il ne prive pas de Sa miséricorde celui qui revient vers Lui.
La fin est l’espérance, car le croyant ne regarde jamais seulement ce qu’il a accompli, mais encore davantage son Seigneur, Qui est Généreux, Qui accepte le repentir, Qui récompense multipliquement et Qui ne délaisse pas les cœurs sincères sans réponse. Ainsi, la fin du Ramadan n’est pas seulement des adieux à des jours bénis. C’est une occasion d’implanter dans le cœur l’espérance que ce que nous avons appris pendant le Ramadan se prolonge tout au long de l’année, et que nous accueillions l’Aïd avec un cœur plus pur, un lien plus fort avec Allah et une attention plus sincère envers les gens qui nous entourent.
(Khoutba centrale du chef de culte Hafiz Hilmija Redžić du 13 mars 2026 au «Centre Islamique et Culturel Islamique Berat à Esch-sur-Alzette)