Khoutba centrale : « Les lois de la gratitude et de l’ingratitude envers Allah »
Le Très-Haut a établi dans ce monde des lois immuables selon lesquelles la vie de toutes Ses créatures se déroule. Personne n’est exempté de ces lois, et personne n’a la permission d’agir en dehors d’elles. Il s’agit de lois constantes d’Allah qui ne sont pas sujettes au changement :
« Dans les lois d’Allah, tu ne trouveras jamais de changement, dans les lois d’Allah, tu ne trouveras jamais de déviation » (Fâtir, 42).
L’une de ces lois est que le refus de reconnaître les bienfaits d’Allah conduit à différentes formes de châtiments, que ce soit par le retrait des bienfaits accordés, l’apparition de la faim et de la peur, la perte des richesses et des récoltes, ou la destruction totale des communautés qui persistent dans l’ingratitude.
Les bienfaits d’Allah envers l’homme sont innombrables et variés. Leur grandeur dépasse la capacité humaine à les comprendre pleinement :
« Si vous comptiez les bienfaits d’Allah, vous ne pourriez les énumérer. Allah est vraiment Pardonneur et Miséricordieux » (An-Nahl, 18).
Ces bienfaits englobent à la fois les dimensions mondaines et spirituelles de la vie. Parmi les bienfaits mondains, on compte la subsistance licite, la sécurité, la santé, la famille, le logement et les biens matériels, tandis que parmi les plus grands bienfaits religieux se trouvent l’islam, la foi (iman), la possibilité d’accomplir les actes d’adoration et la guidance vers l’obéissance. L’obligation fondamentale de l’homme est d’exprimer sa gratitude pour ces dons :
« Si vous êtes reconnaissants, Je vous accorderai certes davantage ; mais si vous êtes ingrats, Mon châtiment sera vraiment sévère » (Ibrahim, 7).
La gratitude se manifeste dans le cœur, la langue et les actions. Dans le cœur, elle consiste à reconnaître que chaque bienfait vient exclusivement d’Allah. Par la langue, elle s’exprime par le rappel constant et la louange d’Allah. Par les actions, elle se confirme en utilisant les bienfaits d’une manière qui plaît à Allah et non dans le péché.
À l’inverse, le refus de reconnaître les bienfaits ne se limite pas à l’absence de remerciements verbaux. Il comprend l’ignorance intérieure du Donateur, l’orgueil et l’utilisation des dons dans la désobéissance. Le discours coranique sur l’ingratitude est associé à l’opulence excessive et à la déchéance morale, ce qui rend l’avertissement fort et permanent :
« Si vous êtes ingrats, Mon châtiment sera vraiment sévère » (Ibrahim, 7).
Une des lois fondamentales d’Allah est que l’état des peuples change en fonction de leur état moral et religieux :
« Allah ne changera pas l’état d’un peuple tant qu’il ne se change pas lui-même » (Ar-Ra’d, 11) ;
« C’est parce qu’Allah ne privera pas un peuple des bienfaits qu’Il lui a accordés tant que ce peuple ne se réforme pas lui-même, et Allah entend et sait tout » (Al-Anfal, 53).
Les bienfaits sont retirés lorsque les gens passent de la gratitude à l’ingratitude, de l’obéissance au péché. Le retour des bienfaits est lié au retour à l’obéissance et à la gratitude. Selon At-Tabari, Allah ne change pas l’état d’un peuple concernant la santé et les biens tant qu’ils ne se transforment pas eux-mêmes par l’injustice et la violence, après quoi le châtiment et le changement d’état surviennent. Ibn Kathir ajoute qu’Allah, dans Sa parfaite justice, ne prive un peuple des bienfaits que pour les péchés qu’il commet.
Le Coran donne l’exemple d’une ville qui jouissait de sécurité et d’abondance, puis, en raison de l’ingratitude, en a subi les contraires :
« Allah cite en exemple une ville, sûre et paisible, à laquelle la nourriture arrivait en abondance de tous côtés, mais qui fut ingrate envers les bienfaits d’Allah ; alors Allah la fit éprouver par la faim et la peur à cause de ce qu’elle avait fait » (An-Nahl, 112).
Cet exemple montre qu’un bienfait peut se transformer en son contraire lorsque la gratitude et l’obéissance sont perdues.
Le Coran rappelle également des peuples qui, à cause de leur opulence et de leur tyrannie, ont été totalement détruits, et dont les maisons abandonnées restent un avertissement permanent :
« Combien de villages et de cités avons-Nous détruits dont les habitants étaient injustes ! Voici leurs demeures, peu de gens, après eux, s’y rendent ; elles Nous sont restées » (Al-Qasas, 58) ;
« Ne vois-tu pas ceux qui, au lieu d’être reconnaissants envers Allah pour Ses bienfaits, ont répondu par l’ingratitude et ont conduit leur peuple à la Maison de la Perdition, en Enfer, où il brûlera, et quel affreux lieu d’habitation ! » (Ibrahim, 28).
Ces exemples confirment que l’histoire des peuples suit les lois établies par Allah.
Le royaume de Saba avait une terre fertile et une abondance d’eau, mais malgré l’ordre de manger des provisions de leur Seigneur et de Lui être reconnaissants, il montra de l’ingratitude. La conséquence fut la destruction de leur prospérité :
« Nous leur avons donc envoyé un déluge, en relâchant les digues, et avons remplacé leurs jardins par d’autres jardins aux fruits amers, du tamaris et peu de lotus sauvage. Nous les avons punis parce qu’ils étaient ingrats. Et qui d’autre punissons-Nous sinon les mécréants, les ingrats ? » (Saba, 16–17).
Cet événement reste une leçon permanente sur le lien entre la gratitude, l’état moral de la communauté et la survie des bienfaits.
(Khoutba centrale du chef de culte Hafiz Hilmija Redžić du 16 janvier 2026 à l’Association Islamique « Ihsan » à Dudelange)