Khoutba centrale : « Le mekteb, un dépôt de confiance pour l’éducation et la connaissance »

L’éducation de l’enfant en islam n’est pas laissée au hasard. L’enfant est un dépôt de confiance (amāna), et la responsabilité parentale ne s’arrête pas au fait de lui assurer de la nourriture, des vêtements, une scolarité et un avenir sûr. Parmi les plus grands droits de l’enfant figure celui de connaître son Seigneur, sa religion et la voie sur laquelle il cheminera tout au long de sa vie.

Allah, le Très-Haut, dit :

« Ô vous qui avez cru ! Préservez vos personnes et vos familles d’un Feu. »
At-Taḥrīm, 6

Les premières générations de musulmans ne comprenaient pas ce verset uniquement comme un avertissement adressé aux parents, mais également comme une obligation d’instruire et d’éduquer leur famille.

‘Alī, qu’Allah l’agrée, a dit dans l’explication de ce verset :

« Enseignez-leur et éduquez-les. »

Il est rapporté d’Ibn ‘Abbās, qu’Allah les agrée tous deux, que le sens de ce verset est : soyez obéissants à Allah, préservez-vous des péchés et encouragez votre famille à invoquer Allah, afin qu’Allah vous préserve du Feu.

Mujāhid, l’un des grands savants des premières générations, a dit :

« Craignez Allah et recommandez à votre famille la piété. »

Ainsi, enseigner la religion aux enfants n’est pas une partie secondaire de l’éducation. Cela fait partie du cœur même de la responsabilité qui incombe aux parents.

Allah, le Très-Haut, dit :

« Ordonne à ta famille la prière et sois constant dans son accomplissement. »
Ṭā-Hā, 132

La foi se transmet. Elle se manifeste par son propre exemple, s’explique par la parole, se répète avec patience et s’enracine dès les premières années de la vie.

Le Messager d’Allah, صلى الله عليه وسلم, a dit :

« Ordonnez à vos enfants d’accomplir la prière lorsqu’ils atteignent l’âge de sept ans. »
Abū Dāwūd, 495

Ce hadith montre que l’enfant ne se prépare pas aux responsabilités de l’adulte seulement lorsqu’il atteint l’âge adulte. Il est éduqué pendant de nombreuses années avant cela. L’habitude de la prière, l’amour du Coran, la conscience du halal et du haram, le bon comportement et le sentiment d’appartenance à la religion se construisent progressivement.

C’est précisément l’une des grandes missions du mekteb.

Le mekteb ne remplace pas les parents. Le mekteb aide les parents à accomplir leur responsabilité et leur dépôt de confiance.

Dans les cercles d’enseignement de la mosquée, l’enfant découvre le Livre d’Allah, la vie du Messager d’Allah, صلى الله عليه وسلم, apprend comment accomplir la prière, comment se comporter envers ses parents, les personnes âgées, ses amis et les personnes qui l’entourent. Il découvre également la mosquée comme un lieu qui est le sien et la communauté musulmane comme une communauté à laquelle il appartient.

Le Messager d’Allah, صلى الله عليه وسلم, a dit :

« Vous êtes tous des responsables et vous serez tous interrogés au sujet de ce qui vous a été confié. »
Al-Bukhārī et Muslim

Le parent est responsable de sa famille et sera interrogé au sujet de ce qui lui a été confié.

L’importance d’inculquer très tôt la foi dans le cœur de l’enfant apparaît également dans la manière dont le Prophète, صلى الله عليه وسلم, enseignait à Ibn ‘Abbās alors qu’il était encore enfant.

Il lui dit :

« Ô jeune garçon, je vais t’enseigner quelques paroles : préserve les limites d’Allah, Allah te préservera. Préserve les limites d’Allah, tu Le trouveras devant toi. Lorsque tu demandes quelque chose, demande-le à Allah, et lorsque tu cherches de l’aide, demande l’aide d’Allah. »
At-Tirmidhī, 2516

Le Prophète, صلى الله عليه وسلم, ne parlait pas à cet enfant uniquement de règles et de prescriptions. Il construisait dans son cœur la foi, la confiance en Allah et la conscience de Celui qui dirige sa vie.

C’est une leçon importante pour chaque parent et chaque enseignant : l’enfant est capable de comprendre les grandes vérités de la foi lorsqu’elles lui sont présentées de la manière appropriée.

Le Messager d’Allah, صلى الله عليه وسلم, a également dit :

« Chaque enfant naît selon la disposition naturelle (fiṭra), puis ses parents en font un juif, un chrétien ou un adorateur du feu. »
Al-Bukhārī et Muslim

Ce hadith montre à quel point l’environnement et l’éducation façonnent l’enfant.

C’est pourquoi l’éducation est une course contre le temps.

Si nous n’enseignons pas nous-mêmes à nos enfants nos valeurs, quelqu’un d’autre leur enseignera les siennes.

Si nous ne leur expliquons pas qui ils sont, le monde qui les entoure leur proposera ses propres réponses.

Si nous n’attachons pas leur cœur au Coran, à la prière et à la mosquée lorsqu’ils sont encore petits, nous ne pouvons pas attendre de cette relation qu’elle apparaisse d’elle-même lorsqu’ils seront adultes.

Nous ne savons pas quel monde attend nos enfants dans dix, vingt ou trente ans.

Nous ne savons pas quelles épreuves ils rencontreront, quelles idées ils entendront, quels dilemmes ils connaîtront ni quelles décisions ils devront prendre.

Mais nous pouvons accomplir quelque chose de très important :

nous pouvons les préparer à un avenir que nous ne connaissons pas en leur faisant connaître aujourd’hui le Seigneur des mondes.

Nous pouvons leur donner le Coran comme lumière, la prière comme soutien, la connaissance comme guide, la mosquée comme un lieu auquel ils appartiennent et le comportement islamique comme un caractère qui les accompagnera tout au long de leur vie.

C’est pourquoi le mekteb n’est pas simplement quelques heures d’enseignement par semaine.

Le mekteb fait partie de notre responsabilité envers la génération qui vient.

Il constitue une aide pour les parents afin de transmettre à leurs enfants quelque chose de plus précieux que les biens matériels : une croyance saine, une connaissance utile, un beau caractère et un lien avec Allah qui restera avec eux même lorsque leurs parents ne pourront plus être à leurs côtés.

Car la plus grande réussite des parents ne consiste pas seulement à voir leur enfant réussir à l’école, dans sa profession et dans la vie d’ici-bas.

La plus grande réussite est de le préparer, avec l’aide d’Allah, à réussir dans les deux mondes.

(Khoutba centrale du Chef de culte musulman Hafiz Hilmija Redžić du 11 septembre 2026 à l’Association Islamique « Ihsan » à Dudelange)