Khoutba centrale : « Le dhikr, un allégement dans la vie quotidienne »

Au cours de la journée, l’homme traverse de nombreuses obligations, soucis et rencontres. Dans un tel rythme, il est facile que le cœur devienne chargé et dispersé. La tradition islamique n’offre pas une échappatoire à la vie quotidienne, mais propose plutôt des moyens simples pour l’organiser et l’alléger. L’un de ces moyens est le dhikr constant et conscient.

Abou Darda, qu’Allah soit satisfait de lui, a dit : « Pour toute chose, il existe un moyen de purification, et la purification du cœur est le rappel d’Allah, le Très-Haut. » (Shuʿabul-iman, Behaqi, 520)
En pratique, cela signifie que le cœur se purifie à travers de courts moments réguliers de souvenir d’Allah : après la prière, en marchant, en travaillant ou en conduisant. Le dhikr ramène l’homme à lui-même et empêche que les pressions quotidiennes ne le dominent entièrement.

Malik ibn Dinar, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Ceux qui jouissent des bienfaits n’ont trouvé aucun plaisir comparable au souvenir d’Allah, le Très-Haut. » (Sifatu-s-safwa, 2/162)
Ce plaisir ne se manifeste pas soudainement, mais se développe avec l’habitude. Lorsque l’homme persévère dans le dhikr, il remarque qu’il devient plus calme dans les situations stressantes et plus reconnaissant dans les moments de réussite. Le dhikr devient alors un soutien qui accompagne l’homme à travers différents états.

Yahya ibn Muaz, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « La nourriture du cœur est le dhikr, et la nourriture de l’intellect est la réflexion. »
Cette parole est rapportée dans les ouvrages sur l’ascétisme (zuhd) et les paroles sages des premiers pieux. C’est pourquoi le dhikr s’accompagne d’une courte réflexion : sur ses propres actions, sur l’éphémérité du temps et sur les bienfaits dont l’homme jouit. Cette combinaison permet à la foi de ne pas rester seulement verbale, mais d’influencer les décisions et le comportement.

Le Prophète, paix et salut sur lui, a dit à Muʿādh ibn Jabal, qu’Allah soit satisfait de lui : « Ô Muʿādh, par Allah, je t’aime ; ne néglige pas, après chaque prière, de dire : ‘Allahumma eʿinni ʿala zikrike wa shukrike wa husni ʿibadetik’ – Ô Allah, aide-moi à T’évoquer, à Te remercier et à T’adorer de la meilleure façon.’ » (Abou Dawoud, 1522 ; Nesai, 1303)

Ainsi, le dhikr devient une partie de la routine quotidienne et non une activité isolée. De courtes invocations, le souvenir conscient d’Allah et une réflexion ponctuelle façonnent une relation plus stable avec la vie. L’homme continue d’avoir des obligations et des défis, mais il les affronte avec un cœur apaisé et une conscience plus claire du sens de ce qu’il fait.

(Khoutba centrale du chef de culte Hafiz Hilmija Redžić du 30 janvier 2026 au Centre Islamique et Culturel Berat à Esch-sur-Alzette)