Khoutba centrale : « Quand la chaleur rappelle l’Au-delà »
Les grandes chaleurs de l’été montrent à l’être humain combien il est faible et combien il a besoin de la protection d’Allah. Il suffit que la température augmente légèrement pour que le corps s’affaiblisse, que le sommeil devienne difficile et que l’homme désire de la fraîcheur, de l’eau et du rafraîchissement. Si nous avons du mal à supporter la chaleur de ce bas monde, comment devons-nous alors réfléchir au feu de l’Au-delà ?
Le Messager d’Allah ﷺ a dit :
« Le Feu s’est plaint auprès de son Seigneur en disant : “Seigneur, une partie de moi consume l’autre.” Alors Il lui a permis deux souffles : un souffle en hiver et un souffle en été. La plus grande chaleur que vous ressentez provient de son ardeur, et le plus grand froid que vous ressentez provient de son froid. »
(Hadith rapporté par Abū Hurayra, qu’Allah l’agrée ; l’imam Ibn ‘Asākir l’a qualifié de ḥasan-ṣaḥīḥ. Il a également été rapporté par l’imam Ash-Shāfi‘ī dans Al-Umm, 2/159, Al-Bayhaqī dans Al-Ba‘th wan-Nushūr, n°502, et Ibn ‘Asākir dans Mu‘jam Ash-Shuyūkh, 2/866)
Ce hadith n’enseigne pas au croyant de parler uniquement de la chaleur et de s’en plaindre, mais de tirer une leçon de ce qu’il ressent. La chaleur doit éveiller le cœur, lui rappeler l’Au-delà et l’encourager au repentir, à la prière, aux bonnes œuvres et à la recherche de la protection contre le Feu.
Allah, le Très-Haut, dit :
« Ô vous qui avez cru ! Préservez vos personnes et vos familles d’un Feu dont le combustible sera les hommes et les pierres. »
(At-Taḥrīm, 66:6)
Se préserver du Feu ne se réalise pas uniquement par des paroles, mais par une foi sincère, l’accomplissement des obligations, l’abandon des péchés, le respect des droits d’autrui et un retour constant vers Allah. Le croyant ne doit pas perdre espoir malgré ses manquements, car les portes du repentir restent ouvertes tant que l’être humain est en vie.
Le Prophète ﷺ nous a enseigné à demander fréquemment le Paradis et à chercher protection contre l’Enfer. Anas ibn Mālik, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit :
« Celui qui demande trois fois à Allah le Paradis, le Paradis dit : “Ô Allah, fais-le entrer au Paradis !” Et celui qui demande trois fois protection contre le Feu, le Feu dit : “Ô Allah, protège-le du Feu !” »
(At-Tirmidhī ; Aḥmad ; le cheikh Al-Albānī a jugé ce hadith authentique, et Shu‘ayb Al-Arna’ūṭ a jugé sa chaîne de transmission bonne)
Il est donc recommandé au croyant de dire souvent :
اللهم إني أسألك الجنة
« Ô Allah, je Te demande le Paradis. »
اللهم أجرني من النار
« Ô Allah, protège-moi du Feu. »
Ces invocations ne doivent pas être prononcées uniquement avec la langue. Celui qui demande sincèrement le Paradis cherche à accomplir les œuvres qui y conduisent. Celui qui demande protection contre le Feu s’éloigne des chemins qui y mènent.
Lorsque nous ressentons l’intensité de la chaleur, souvenons-nous de ceux qui travaillent à l’extérieur, des malades, des personnes âgées, des voyageurs et de tous ceux qui ne disposent pas suffisamment d’eau, d’ombre ou d’un logement adapté. Un verre d’eau, une aide apportée à une personne vulnérable et le fait de soulager la difficulté d’autrui peuvent être une cause de la miséricorde d’Allah.
Ne permettons pas que la chaleur fasse sortir de nous la colère, la dureté et les mauvaises paroles. La patience dans la difficulté est également une adoration. Le croyant se protège autant qu’il le peut, utilise les moyens permis pour se rafraîchir et se préserver, mais son cœur reste reconnaissant et conscient d’Allah.
La chaleur de ce bas monde disparaîtra, comme disparaissent tous les jours et toutes les saisons. Cependant, sa leçon doit rester en nous : nous préparer à la rencontre avec Allah, demander souvent le Paradis et chercher sincèrement protection contre l’Enfer.
Ô Allah, fais-nous entrer, ainsi que nos familles, au Paradis. Ô Allah, protège-nous, protège nos parents, nos enfants et tous les croyants du Feu. Ô Allah, accorde-nous un repentir sincère, accepte nos bonnes œuvres et couvre-nous de Ta miséricorde. Âmîn.
(Khoutba centrale du Chef de culte musulman Hafiz Hilmija Redžić du 12 juin 2026 à l’Association Islamique de Luxembourg à Bonnevoie)